“Un collège en mouvement”
24 août 2010 par admin© L’Est Républicain, Mardi le 24 Aout 2010 / Nancy / Droits de reproduction et de diffusion réservés
AUX ABORDS du collège Jean-Lamour, aucun bruit. Le silence qui règne dans les couloirs est presque étourdissant… plus pour longtemps cependant.
La semaine prochaine, 250 élèves viendront à nouveau remplir les salles de cet établissement niché au pied du Haut-du-Lièvre. Les petits nouveaux de 6e rentrent le 2 septembre, les autres classes emboîtent le pas le lendemain.
En attendant leur arrivée, l’équipe de direction s’active pour préparer la rentrée et finaliser les travaux de rénovations qui ont eu lieu tout au long du mois d’août.
Des travauxpermanents
« Ce n’était pas du luxe ! » Dans les toutes nouvelles cuisines du collège, Jean-Claude Kuzynski contemple les murs fraîchement repeints et les pianos flambant neufs. « En juin dernier, une fuite de gaz nous avait obligés à rénover les cuisines en catastrophe », explique le principal du collège.
Quelques mètres plus loin, dans la cour déserte, on fait le bilan de ce qu’il reste à faire. « Les marches de l’escalier ont été ravalées », explique Noëlle Lepère, gestionnaire de l’établissement. « Mais la rambarde doit encore être réparée », ajoute-t-elle. Le préau, où s’agitent quelques affiches esseulées, doit aussi être remis à neuf courant 2010-2011.
Dans ce petit établissement construit à la fin des années 60, le chantier est quasi permanent. « Une liste à la Prévert », confirme Régis Fleurette, conseiller général.
Cette année comme les autres, le département a défini les travaux à réaliser. Et il reste encore du travail. Au deuxième étage, dans la salle de sciences, les chaises en PVC côtoient des estrades en bois au parfum suranné. « Le mobilier sera remplacé cette année », explique Mathieu Klein, vice-président du Conseil général chargé de l’éducation. Un peu plus loin, dans la salle informatique, de nouveaux câblages ont été installés.
Mais la prise en charge de l’aspect matériel ne s’arrête aux locaux, et participe aussi d’une volonté éducative. Les classes de 6e ont ainsi été dotées de manuels numériques. Jean-Claude Kuzynski le confirme : « Le Conseil général prend une place de plus en plus importante pour ce qui est de l’aspect pédagogique dans les établissements ». Avec la délocalisation des archives départementales, un centre de mémoire va être installé près du collège. « Nous souhaitons instaurer un pont entre ce passé à conserver et nos jeunes collégiens », explique Mathieu Klein. Une opération de promotion culturelle va également être mise en place avec « La flûte enchantée » pour sensibiliser les jeunes élèves à l’opéra.
Hélène FERRARD
Réponse à Valérie Rosso-Debord concernant le Défenseur des Droits
3 juillet 2010 par adminNancy, le 1er juillet 2010,
Madame la députée,
J’accuse réception de votre réponse à mon courrier du 28 mai dernier relative à la création du Défenseur des droits.
Celle-ci n’a pas manqué de me surprendre en de nombreux points, à commencer par votre positionnement initial rappelant que vous n’êtes pas membre du gouvernement. A moins de vouloir par là me confier un regret, c’est à la parlementaire, par ailleurs membre de l’UMP, que je m’adresse.
Quoiqu’il en soit, je ne peux vous laisser affirmer que les champs de compétences de la HALDE, du Défenseur des Enfants, du Médiateur de la République et de la Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité « se recoupent », justifiant selon vous, qu’on les regroupe en une seule instance. Quoi de commun en effet entre les conditions de la garde à vue, la protection des enfants contre la maltraitance, les discriminations dans l’accès au logement des personnes handicapées ou encore un conflit avec une administration ? En soulignant, quelques lignes plus loin dans votre courrier, que le Défenseur des Droits sera assisté par des collèges dédiés à chacun de ces champs, vous reconnaissez implicitement la spécificité de chacune de ces institutions. Cele-ci impose, selon moi, qu’elles conservent au contraire tout à la fois leur visibilité et leur indépendance.
Quant à la question des moyens, nombre de voix s’élèvent pour faire part de leur crainte que le budget de fonctionnement du Défenseur des Droits soit inférieur à celui des quatre institutions qu’il réunira et ce alors même que certaines d’entre elles sont déjà fort peu dotées, à l’instar de la HALDE dont le budget est sept fois inférieur à celui de son homogène britannique, puisque vous semblez avides de comparaisons européennes.
Enfin, et puisque vous choisissez d’évoquer ce sujet, sans lien direct avec le Défenseur des Droits à la fin de votre courrier, je ne saurais trop vous inviter –en matière de cohérence – à comparer les propos tenus par Nicolas Sarkozy pendant la campagne de l’élection présidentielle au sujet des retraites et les arbitrages pris par votre majorité.
Ainsi, il me serait agréable que vous m’indiquiez quelle logique prévaut entre, par exemple, ces propos du candidat UMP publiés dans Le Monde du 23 janvier 2007 « Le droit à la retraite à 60 ans doit demeurer, de même que les 35 heures continueront d’être la durée hebdomadaire du travail. Que ce soit un minimum, cela me va bien. » et la décision de reculer sans doute à 62 ans l’âge légal de départ à la retraite et à 67 ans vraisemblablement celui ou un retraité pourra prétendre à une pension à taux plein ?
Dans l’attente de vous lire, je vous prie de croire, madame la députée, en l’expression de mes salutations distinguées.
Mathieu KLEIN
Vers un nouvel âge de la démocratie
9 juin 2010 par adminLe Parti socialiste s’est bel et bien engagé dans une profonde rénovation.
N’en déplaise aux âmes chagrines : qu’on me cite un seul acte politique, depuis que les congrès socialistes proclament tous le non cumul et le renouvellement (c’est à dire depuis fort longtemps), qui soit à la hauteur de ce qui est proposé au vote des militants le 24 juin prochain ?
Que n’aurait-on pas dit et écrit si Martine Aubry avait refusé le dialogue avec les sénateurs et les députés, n’avait pas pris en compte des situations individuelles particulières ? Que n’aurait-on pas pensé si, de nombreux leaders s’engouffrant alors immédiatement dans la brèche, le PS était sorti hier déchiré de son conseil national ?
Cela fait tant d’années que, dans ma génération politique notamment, on aspire à ce que la République dispose de parlementaires à plein temps, qu’il faudrait être particulièrement masochiste pour bouder aujourd’hui son plaisir.
Si les militants le confirment par leur vote, les parlementaires socialistes devront en septembre 2012 renoncer à l’exercice d’un mandat exécutif local.
Cela sera gravé dans le marbre des statuts du PS et vaudra pour toutes les élections parlementaires ultérieures.
Il y deux faces à cette belle médaille.
Le parlementaire à plein temps implique également l’élu local à plein temps.
Un élu local qui a aujourd’hui des responsabilités sans commune mesure avec celles qui étaient les siennes il y a encore 20 ans. Un élu local qu’un statut viendra protéger et qu’un nouvel acte de la décentralisation viendra encore renforcer après la victoire de la gauche en 2012.
Le non-cumul, c’est aussi mettre la coopération au cœur des projets de territoires : de la commune à la région, une personne ne pourra plus prétendre elle seule occuper tous les bouts de la chaîne. Et plus de coopération, c’est plus de participation et plus de démocratie.
Quant au futur parlementaire sans mandat exécutif local, outre le fait qu’il pourra siéger sans délégation dans les assemblées locales, il restera élu au scrutin uninominal (sauf certains sénateurs à la proportionnelle, comme aujourd’hui).
Ce qui veut dire que celui qui se couperait de sa circonscription pour ne plus s’égayer que sur les cimes parisiennes, serait le premier à en faire les frais.
Les députés et sénateurs sans cumul, élus et même parfois réélus, proches du terrain et des citoyens, cela existe déjà par dizaines !
Le risque de coupure est surtout un argument des opposants au non-cumul.
Il ne tient qu’aux partis que cette culture politique se développe jusqu’à devenir irréversible.
C’est en cela que l’exemplarité a de la valeur et que les socialistes ont raison de ne pas attendre le vote d’une loi pour agir.
Cette exemplarité des socialistes sera, quoi qu’il en soit, jugée aux actes : si nous investissons 50 % de femmes et d’hommes, avec tous d’égales chances d’éligibilité, plus de jeunes, plus de personnes issues de l’immigration, de toutes conditions sociales, nous aurons réussi à montrer que la limitation du cumul du mandat peut ouvrir un nouvel âge de la démocratie.
J’entends aussi que cyniquement, la mise en œuvre étant prévue après la présidentielle, on pourrait toujours s’asseoir joyeusement sur tout cela le moment venu.
Le meilleur antidote serait que chacun s’engage dès aujourd’hui à ne pas (ou plus) cumuler entre exécutif local et parlementaire.
En ce qui me concerne, si les électeurs du canton Nancy Nord me renouvellent leur confiance l’année prochaine, j’aurai un choix à opérer.
Si la gauche restait majoritaire au conseil général et que le président me confiait à nouveau une vice-présidence, je ne la conserverais que si je ne me présentais pas à la législative de 2012.
Pour ne pas donner dans la langue de bois, je dois ajouter qu’en 2012, j’aurai (comme d’autres) à choisir entre solliciter l’investiture du PS pour la législative ou le faire pour la municipale de 2014. Et ce ne sera pas les deux.
Qu’il soit tout de même permis de préférer au cynisme, l’optimisme et la conviction que Martine Aubry, qui a tenu bon contre de forts vents contraires sur la rénovation, poursuivra ce mouvement salutaire pour la démocratie.
Des ateliers à la réalité
26 mai 2010 par adminÉvidemment, tout le monde y était allé de son commentaire sur le lieu choisi pour accueillir la version territoriale Nancy et Couronne des ateliers départementaux, la maternité régionale.
Allait on accoucher de belles idées ?
On lèvera un coin du voile le 31 mai, lorsque nous en tirerons un premier bilan.
Ce qui est sûr, c’est que la qualité et la quantité ont été au rendez-vous.
Tout au long des cinq ateliers thématiques et des six territoriaux, des centaines de Meurthe-et-Mosellans sont venus réfléchir et partager leurs opinions au conseil général, en formulant des idées et des propositions pour le projet départemental.
À l’heure où les départements traversent une crise sans précédent, compte tenu des décalages abyssaux entre leurs dépenses obligatoires et les recettes qu’ils perçoivent pour les mettre en oeuvre, tout l’enjeu est de dessérer cet étau pour continuer à conduire des politiques choisies par les élus, donc par les citoyens.
Un exemple m’a particulièrement frappé, lors du débat à Nancy le 20 mai.
Plusieurs intervenants se sont exprimés pour témoigner des difficultés de nombreux collégiens à trouver des entreprises pour les accueillir à l’occasion du stage de dévouverte professionnelle en 3ème. Ce qui est vrai pour des collégiens de tous horizons, est encore plus marqué pour ceux qui subissent les discriminations.
Il y a quinze jours, j’étais invité par des élèves de 3ème du collège de la Craffe pour parler de lutte contre les discriminations. Comme souvent, on me demande ce qu’un élu local ou une collectivité peut y faire. Voilà un exemple concret.
Le hasard du calendrier fait qu’au lendemain de l’atelier territorial à la maternité régionale, nous réunissions avec l’inspection académique et avec le concours de la chambre de commerce d’indutrie (CCI), les treize principaux des collèges ayant la plus forte proportion d’élèves issus des familles les moins favorisées, pour réfléchir aux moyens de lutter contre les inégalités face aux stages.
À mes yeux, le service public doit être le carnet d’adresse de ceux qui n’en ont pas.
Car la discrimination ethnique, territoriale ou liée au handicap s’ajoute souvent aux difficultés que rencontrent les familles qui ne peuvent pas faire jouer de relations pour trouver un stage à leur enfant. Stage d’observation de 3 à 5 jours, qui n’est pas non plus toujours très recherché par les entreprises.
Ces raisons motivent la mise en oeuvre d’une plate-forme de stages, que le conseil général va proposer aux collèges dès la prochaine année scolaire.
Mobilisant d’abord les services départementaux et territoriaux, les organismes partenaires comme le service départemental d’incendie et de secours (SDIS), travaillant aussi avec la CCI à mettre en réseau les collèges et les associations territoriales d’entreprises.
Cet axe du programme départemental de lutte contre les discriminations, adopté par le conseil général en 2005, est essentiel car il met en jeu l’image qu’un collégien se fait de la société de laquelle il est appelé à devenir un citoyen.
Et quoi de plus désepérant si à 14 ou 15 ans, son premier contact avec l’univers professionnel se résume à l’impossibilité d’y accéder ?


