Réponse à Valérie Rosso-Debord concernant le Défenseur des Droits
3 juillet 2010 par adminNancy, le 1er juillet 2010,
Madame la députée,
J’accuse réception de votre réponse à mon courrier du 28 mai dernier relative à la création du Défenseur des droits.
Celle-ci n’a pas manqué de me surprendre en de nombreux points, à commencer par votre positionnement initial rappelant que vous n’êtes pas membre du gouvernement. A moins de vouloir par là me confier un regret, c’est à la parlementaire, par ailleurs membre de l’UMP, que je m’adresse.
Quoiqu’il en soit, je ne peux vous laisser affirmer que les champs de compétences de la HALDE, du Défenseur des Enfants, du Médiateur de la République et de la Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité « se recoupent », justifiant selon vous, qu’on les regroupe en une seule instance. Quoi de commun en effet entre les conditions de la garde à vue, la protection des enfants contre la maltraitance, les discriminations dans l’accès au logement des personnes handicapées ou encore un conflit avec une administration ? En soulignant, quelques lignes plus loin dans votre courrier, que le Défenseur des Droits sera assisté par des collèges dédiés à chacun de ces champs, vous reconnaissez implicitement la spécificité de chacune de ces institutions. Cele-ci impose, selon moi, qu’elles conservent au contraire tout à la fois leur visibilité et leur indépendance.
Quant à la question des moyens, nombre de voix s’élèvent pour faire part de leur crainte que le budget de fonctionnement du Défenseur des Droits soit inférieur à celui des quatre institutions qu’il réunira et ce alors même que certaines d’entre elles sont déjà fort peu dotées, à l’instar de la HALDE dont le budget est sept fois inférieur à celui de son homogène britannique, puisque vous semblez avides de comparaisons européennes.
Enfin, et puisque vous choisissez d’évoquer ce sujet, sans lien direct avec le Défenseur des Droits à la fin de votre courrier, je ne saurais trop vous inviter –en matière de cohérence – à comparer les propos tenus par Nicolas Sarkozy pendant la campagne de l’élection présidentielle au sujet des retraites et les arbitrages pris par votre majorité.
Ainsi, il me serait agréable que vous m’indiquiez quelle logique prévaut entre, par exemple, ces propos du candidat UMP publiés dans Le Monde du 23 janvier 2007 « Le droit à la retraite à 60 ans doit demeurer, de même que les 35 heures continueront d’être la durée hebdomadaire du travail. Que ce soit un minimum, cela me va bien. » et la décision de reculer sans doute à 62 ans l’âge légal de départ à la retraite et à 67 ans vraisemblablement celui ou un retraité pourra prétendre à une pension à taux plein ?
Dans l’attente de vous lire, je vous prie de croire, madame la députée, en l’expression de mes salutations distinguées.
Mathieu KLEIN
Vers un nouvel âge de la démocratie
9 juin 2010 par adminLe Parti socialiste s’est bel et bien engagé dans une profonde rénovation.
N’en déplaise aux âmes chagrines : qu’on me cite un seul acte politique, depuis que les congrès socialistes proclament tous le non cumul et le renouvellement (c’est à dire depuis fort longtemps), qui soit à la hauteur de ce qui est proposé au vote des militants le 24 juin prochain ?
Que n’aurait-on pas dit et écrit si Martine Aubry avait refusé le dialogue avec les sénateurs et les députés, n’avait pas pris en compte des situations individuelles particulières ? Que n’aurait-on pas pensé si, de nombreux leaders s’engouffrant alors immédiatement dans la brèche, le PS était sorti hier déchiré de son conseil national ?
Cela fait tant d’années que, dans ma génération politique notamment, on aspire à ce que la République dispose de parlementaires à plein temps, qu’il faudrait être particulièrement masochiste pour bouder aujourd’hui son plaisir.
Si les militants le confirment par leur vote, les parlementaires socialistes devront en septembre 2012 renoncer à l’exercice d’un mandat exécutif local.
Cela sera gravé dans le marbre des statuts du PS et vaudra pour toutes les élections parlementaires ultérieures.
Il y deux faces à cette belle médaille.
Le parlementaire à plein temps implique également l’élu local à plein temps.
Un élu local qui a aujourd’hui des responsabilités sans commune mesure avec celles qui étaient les siennes il y a encore 20 ans. Un élu local qu’un statut viendra protéger et qu’un nouvel acte de la décentralisation viendra encore renforcer après la victoire de la gauche en 2012.
Le non-cumul, c’est aussi mettre la coopération au cœur des projets de territoires : de la commune à la région, une personne ne pourra plus prétendre elle seule occuper tous les bouts de la chaîne. Et plus de coopération, c’est plus de participation et plus de démocratie.
Quant au futur parlementaire sans mandat exécutif local, outre le fait qu’il pourra siéger sans délégation dans les assemblées locales, il restera élu au scrutin uninominal (sauf certains sénateurs à la proportionnelle, comme aujourd’hui).
Ce qui veut dire que celui qui se couperait de sa circonscription pour ne plus s’égayer que sur les cimes parisiennes, serait le premier à en faire les frais.
Les députés et sénateurs sans cumul, élus et même parfois réélus, proches du terrain et des citoyens, cela existe déjà par dizaines !
Le risque de coupure est surtout un argument des opposants au non-cumul.
Il ne tient qu’aux partis que cette culture politique se développe jusqu’à devenir irréversible.
C’est en cela que l’exemplarité a de la valeur et que les socialistes ont raison de ne pas attendre le vote d’une loi pour agir.
Cette exemplarité des socialistes sera, quoi qu’il en soit, jugée aux actes : si nous investissons 50 % de femmes et d’hommes, avec tous d’égales chances d’éligibilité, plus de jeunes, plus de personnes issues de l’immigration, de toutes conditions sociales, nous aurons réussi à montrer que la limitation du cumul du mandat peut ouvrir un nouvel âge de la démocratie.
J’entends aussi que cyniquement, la mise en œuvre étant prévue après la présidentielle, on pourrait toujours s’asseoir joyeusement sur tout cela le moment venu.
Le meilleur antidote serait que chacun s’engage dès aujourd’hui à ne pas (ou plus) cumuler entre exécutif local et parlementaire.
En ce qui me concerne, si les électeurs du canton Nancy Nord me renouvellent leur confiance l’année prochaine, j’aurai un choix à opérer.
Si la gauche restait majoritaire au conseil général et que le président me confiait à nouveau une vice-présidence, je ne la conserverais que si je ne me présentais pas à la législative de 2012.
Pour ne pas donner dans la langue de bois, je dois ajouter qu’en 2012, j’aurai (comme d’autres) à choisir entre solliciter l’investiture du PS pour la législative ou le faire pour la municipale de 2014. Et ce ne sera pas les deux.
Qu’il soit tout de même permis de préférer au cynisme, l’optimisme et la conviction que Martine Aubry, qui a tenu bon contre de forts vents contraires sur la rénovation, poursuivra ce mouvement salutaire pour la démocratie.
Non à la marchandisation de la petite enfance !
6 mai 2010 par adminCommuniqué de presse
Non à la marchandisation de la petite enfance !
Une politique ambitieuse pour la petite enfance constitue un investissement pour l’avenir. Elle doit permettre à chaque famille d’accéder si elle le souhaite à un mode d’accueil de qualité pour ses enfants, favorisant leur épanouissement.
Les projets du gouvernement vont à l’encontre de cette idée. Sous prétexte de répondre à une promesse de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy de créer 200 000 places d’accueil supplémentaires d’ici 2012, ces mesures vont dégrader les dispositifs existants au détriment des attentes des familles et des besoins des enfants.
La fédération du Parti Socialiste et les élus socialistes et républicains de Meurthe-et-Moselle s’opposent à ces mesures qui accentuent les inégalités entre les familles et qui auront des conséquences désastreuses en matière d’accueil de la petite enfance :
- la diminution de la proportion des professionnels les plus qualifiés dans les établissements et services d’accueil des jeunes enfants ;
- l’extension des capacités maximales d’accueil des assistantes maternelles de trois à quatre enfants ;
- la création de regroupements d’assistantes maternelles pouvant accueillir jusqu’à 16 enfants sans aucune règle collective de fonctionnement ni normes précises en matière d’hygiène et sécurité ;
- la création de jardins d’éveil pour les enfants de deux à trois ans, avec un taux d’encadrement d’un adulte pour 8 à 12 enfants, mesure qui pénalise financièrement les familles concernées puisque les 2-3 ans vont être orientés vers ces jardins d’éveil plutôt que vers l’école maternelle gratuite.
La fédération du Parti socialiste et les élus socialistes et républicains de Meurthe-et-Moselle soutiennent le mouvement de protestation des professionnels de la petite enfance et le collectif « Pas de bébés à la consigne », qui organise ce soir une manifestation Place Stanislas.
Ils demandent à Nadine Morano, Secrétaire d’Etat à la Famille, de revoir sa copie en concertation avec les élus locaux et les professionnels de la petite enfance. Ils réaffirment leur attachement à la création d’un véritable service public de la petite enfance, non soumis à la directive « Services » et dont l’offre d’accueil, diversifiée, fiable et solidaire, doit permettre de répondre aux besoins de chaque famille.
Pour la fédération du Parti socialiste,
Mathieu Klein, premier secrétaire fédéral
Pour l’Union départementale des élus socialistes et républicains (UDESR 54),
Catherine Boursier, présidente
Pour le groupe socialiste et républicain du conseil général,
Claude Blaque, vice-président du conseil général délégué à l’enfance
Pour le groupe des élus de gauche de la Ville de Nancy,
Bertrand Masson, président du groupe
Pour le groupe de gauche de la communauté urbaine du Grand Nancy,
Pascal Jacquemin, président du groupe
“Marylise Lebranchu rebâtit”
6 mai 2010 par adminMarylise Lebranchu a transité hier soir par Paris, en provenance de Morlaix où est sa circonscription.
Sujet du jour, la convention nationale prochaine sur le développement économique, social, écologique. « Le thème que je porte est Développement et Territoires. »
Députée-maire de Morlaix dans le Finistère, issue du privé, secrétaire d’Etat à l’artisanat avant de faire un bond spectaculaire sous Lionel Jospin comme Garde des Sceaux (2000-2002), l’élue nationale est de celles dont sait s’entourer Martine Aubry.
« Mon objectif, c’est gagner 2012. Pour y arriver, il y a des erreurs à ne pas commettre, dont une au moins est connue et évitable : il faut un vrai projet, que nous arrivions à ce scrutin avec des bagages, c’est-à-dire un programme. Exactement ce qui manquait à Ségolène Royal, qui s’est appuyée sur un travail de seulement huit semaines, beaucoup trop tard. »
Le reste est connu. « Nous devons continuer à faire notre travail d’opposition, et organiser entre nous des primaires courtes pour le candidat à la présidentielle. »
Tendance néolibéraleLa bataille se gagnera aussi sur le plan idéologique. Or, si la droite voit s’effondrer ses certitudes ultra-libérales avec la crise, à gauche, il y a aussi du chemin à faire. « Ne nous leurrons pas, il y a eu ces dernières années au Parti Socialiste une tendance néolibérale. Nous devons retrouver nos références de gauche. On voit bien en ce moment M. Bertrand essayer d’introduire les assurances privées dans le système de sécurité sociale, ou ouvrir au marché d’autres secteurs, comme l’aide aux devoirs. Nous, nous pensons que le public sera toujours moins cher que le privé dans ce domaine, car l’argent public n’a pas à rémunérer le capital en plus du fonctionnement. »
Pourtant, là aussi, une méthode : « Nous devons être pragmatiques ».
Ce socle retrouvé est valable aussi pour l’économie et les territoires. « Nous avons besoin d’un Etat stratège, et de territoires efficients, avec entre les deux, des solidarités, le tout en n’oubliant pas l’écologie. »
Elle est sobre sur ses successeurs de droite à la Justice. Mme Dati ? « Elle a une très jolie robe rose de Dior ». Elle garde toute son estime à Michèle Alliot-Marie. Et ses deux suivants mâles ? « MM Clément et Perben ont travaillé, mais ils ont subi l’étouffoir du ministre de l’Intérieur ».
Un certain Nicolas Sarkozy…
Guillaume MAZEAUD


