Le déplacement de Sarkozy à Nancy : les images et le son
30 mai 2009 par adminLes images d’une avenue de Lattre de Tassigny et d’une avenue de Strasbourg désertes et silencieuses traversées par la voiture présidentielle le 12 mai dernier avaient un arrière goût soviétique tout à fait surréaliste.
Le commentaire, dans la même veine, était assuré par le maire de la ville lors du conseil municipal du 18 mai. Répondant à une interpellation en séance de Dominique Olivier, voilà ce qu’André Rossinot retient en substance du déplacement du président de la République :
- «les soins et urgences étaient assurés correctement à l’hôpital central» je vous laisse imaginer le contraire …
- «les périmètres de sécurité étaient classiques et les habitants n’ont pas été empêchés de sortir de chez eux et de circuler dans la zone sécurisée», allez interroger les riverains de l’hôpital central pour voir si c’est vrai …
- les quelques centaines d’étudiants, chercheurs, syndicalistes et «tout ce que la ville compte d’extrémistes» ont quant à eux perturbé le centre ville par leur manifestation.
Ce serait ne pas faire justice au radicalisme valoisien que d’oublier de signaler que le même maire a soumis au vote du même conseil municipal quelques instants plus tard une subvention à la CGT, principale organisatrice de la dite manifestation d’extrémistes …
Meeting de Briey le 4 juin
30 mai 2009 par admin
Nouveau centre pénitentiaire du Plateau : surchargé avant même d’être ouvert
29 mai 2009 par adminJ’ai écrit le 26 mars à la garde des Sceaux, Rachida Dati, pour l’interroger sur le sujet. N’ayant pas reçu de réponse, je m’apprêtais à la lui poser directement lors de l’inauguration du nouveau centre pénitentiaire du Plateau de Haye, qui fut inopinément annulée pour des problèmes d’agenda du maire de Nancy …
« Madame la Garde des Sceaux,
Le Sénat vient d’adopter le projet de loi pénitentiaire pour la période 2009-2011.
L’actuelle maison d’arrêt Charles III de Nancy illustre parfaitement cet impérieux besoin d’investissement de la part de l’Etat. Construite au XIXème siècle, sa vétusté ne fait plus débat. Les conditions d’incarcération y sont indécentes et son taux de surpopulation est particulièrement élevé puisqu’elle accueille jusqu’à 350 détenus pour une capacité de 270 places.
Aussi, force est de constater que l’ouverture, dans quelques semaines, de la nouvelle prison de Nancy-Maxéville, actuellement en construction sur le Plateau de Haye, ne fait que répondre à une situation devenue à la fois dangereuse et indigne pour des centaines de détenus ainsi que pour le personnel pénitentiaire.
Prévue pour accueillir 690 détenus, il apparaît que sa capacité d’accueil soit d’ores et déjà augmentée à 900 par l’ajout de 300 lits superposés. Elle pourrait même être appelée à accueillir jusqu’à 1 100 détenus.
L’article 716 du code de procédure pénale prévoyant que chaque détenu doit être enfermé dans une cellule individuelle apparaît donc battu en brèche avant même l’ouverture de l’établissement. Certes, le gouvernement auquel vous appartenez à tenté de contester ce droit à une cellule individuelle pour chaque détenu en déposant un amendement au projet de loi pénitentiaire, amendement rejeté par les sénateurs.
Madame la Garde des Sceaux, j’attire donc votre attention sur le fait que notre pays accuse un retard considérable en matière de respect du droit des détenus eu égard notamment au taux de surpopulation particulièrement inquiétant (126,5% au 1er juillet 2008).
Dans ces conditions et alors que cette question est au centre des débats sur le système pénitentiaire depuis de nombreuses années, il est particulièrement inacceptable de construire un établissement et de créer les conditions de sa surpopulation alors qu’il n’est pas encore ouvert.
La mobilisation de financements publics importants commandait davantage de responsabilité de votre part et ceci d’autant plus que la dignité des personnes incarcérées se trouve directement en jeu.
Aussi, je vous remercie de bien vouloir me préciser quel sera le taux d’occupation de la prison de Nancy-Maxéville ainsi que les conditions d’accueil des détenus.
Dans l’attente d’une réponse de votre part, je vous prie d’agréer, Madame la Garde des Sceaux, l’expression de mes salutations respectueuses. »
RSA : légendes et réalités
28 mai 2009 par admin« Dès 2005, la Meurthe-et-Moselle s’est engagée dans la réflexion sur le RSA avec Martin Hirsch, en partageant des objectifs :
- réduire et éradiquer la pauvreté
- garantir un accès effectif aux droits fondamentaux
- encourager le retour à un emploi digne et durable en favorisant l’insertion socioprofessionnelle
Des améliorations ont été apportées au projet initial, grâce notamment à l’intervention de Michel Dinet au sein de l’Assemblée des départements de France (ADF). Ainsi la prise en charge du RSA « complément de revenu » est intégralement porté par l’État à travers la solidarité nationale et non par la fiscalité départementale (part de la TIPP) comme cela avait été envisagé initialement par le gouvernement
D’autres ne l’ont pas été,
- le risque de précarisation du bénéficiaire lorsque le RSA complément de revenu commence dès la première heure de travail. La Meurthe-et-Moselle a milité pour que le RSA complément de revenu commence seulement lorsque l’employeur propose au moins un mi-temps.
- l’absence de la fin du dispositif pose un problème majeur et un bénéficiaire pourrait rester indéfiniment dans le RSA, au risque de rendre caduque son principe même : sortir de la classe des travailleurs pauvres.
Le RSA est un outil d’insertion et non une politique d’insertion
Alors que la situation économique et sociale est en nette dégradation, l’augmentation du nombre de bénéficiaires du RMI en Meurthe-et-Moselle est plus contenue. Tout en restant lucide sur l’ampleur que peut prendre une politique territoriale face à une situation économique qui la dépasse largement, c’est la démonstration qu’on peut obtenir des résultats si on actionne les bons leviers.
La politique d’insertion du conseil général de Meurthe-et-Moselle est ainsi menée à l’échelle de chaque territoire, en lien avec les associations d’insertion, dont le département aide à pérenniser les moyens de fonctionnement, ainsi qu’avec les acteurs économiques, sociaux et culturels .
Le RSA, un outil qui n’est pas la solution à tous les problèmes
C’est particulièrement vrai dans une période de forte augmentation du chômage comme aujourd’hui. Qui plus est, le gouvernement oublie opportunément de rappeler que s’il a transféré toute la politique d’insertion aux départements, il garde la haute main sur la politique de l’emploi et la seule solution qu’il exhume après l’avoir enterrée avec pertes et fracas est proposer des contrats aidés comme variable d’ajustement.
Ainsi lors d’une dernière réunion, les services de l’État à la demande expresse du gouvernement, réunissaient en Meurthe-et-Moselle les associations du secteur social et médico-social pour « leur vendre » des contrats aidés. Le message était scandaleusement clair :« L’État ne demande aucun engagement à pérenniser les emplois suite au contrat. Les emplois aidés n’étant qu’une variable d’ajustement en cas de crise et la situation actuelle justifie la relance de ce dispositif. »
Enfin, la question de l’accès du RSA pour les jeunes de moins de 25 ans n’est pas posée ce qui constitue une erreur manifeste alors que les jeunes sont durement frappés par la crise. L’INSEE dans son dernier rapport évoque un jeune sur cinq en situation de pauvreté et il ne suffit pas de proposer plus de stages pour régler la question de l’insertion professionnelle des jeunes, notoirement en panne depuis plusieurs années en France. »


