Mille jours pour rassembler la gauche
29 juillet 2009 par adminA quoi les socialistes ont-ils pensé le 27 juillet ? A la victoire de Bouvines de 1214 ? La chute de Robespierre de 1794 ? Le début des Trois Glorieuses en 1830 ? Et pourquoi pas puisque certains de nos leaders n’ont plus d’autres espoirs que de célébrer le passé ou de s’inventer d’improbables destins solitaires.
Et pourtant, ce n’est pas cela que nous avons voulu célébrer en ce 27 juillet. Nous sommes nombreux à conserver comme boussole ces mille jours qui nous séparent du premier tour de la prochaine présidentielle. Mille jours c’est long et c’est court. C’est suffisamment lointain pour que certains en oublient tout esprit de responsabilité et campent sur l’égoïsme de leurs positions. C’est suffisamment court pourtant au regard de la tâche collective que nous avons à mener pour n’avoir qu’un devoir : celui du travail.
En mille jours, nous devons relever l’étendard du socialisme. Ce drapeau retrouvera ses couleurs si nous réussissons à proposer une société reconnaissant à chacun sa place, à chacun le droit à la réussite mais aussi à l’échec, à chacun le droit à l’éducation.
Une France qui protège socialement ses citoyens et qui fait confiance à ses entrepreneurs. Une France du travail qui honore ceux qui usent leurs forces de travail pour sa construction. Une France qui s’empare d’un nouveau compromis, capital-travail-nature, pour en faire son nouveau contrat social. Une France où se remette en marche l’ascenseur social par l’éducation, les entreprises et les services publics. Une France qui n’a plus peur de l’Europe et qui recrée un idéal commun. Une France qui fait le choix de sa défense dans un monde imprévisible. Une France fière de son histoire et assurée de son futur !
Mille jours aussi, pour construire un projet de société et un programme de gouvernement donnant un visage à cette nouvelle France, le visage de la solidarité entre les générations, le visage de la justice dans la répartition des richesses, le visage de la morale publique et du rejet de l’argent-roi. L’ampleur des combats à venir pour l’emploi et sa juste rémunération, pour l’égalité d’accès à la santé et pour l’égalité scolaire, pour la préservation de notre environnement nous oblige à l’audace. Il y aura des gagnants, le plus grand nombre. Mais il y aura des perdants. Ceux dont l’UMP a décidé de protéger les fortunes en les réfugiant derrière le bouclier fiscal. Il faudra l’annoncer, l’assumer, et convaincre une majorité de citoyens que nous agissons ainsi pour le bien public.
Il en sera de même pour le modelage de sa géographie urbaine et industrielle. Concentration et accumulation sont consubstantielles de la seule règle du marché, mais concentration et accumulation ne font pas les métropoles, les villes et les territoires que nous voulons. Un Etat a la politique de sa géographie, il ne peut laisser en déshérence des pans entiers de son territoire. Il n’en a pas le droit d’autant que c’est une ineptie économique. Là aussi, des décisions seront à prendre. Nous les assumerons dès les discussions autour de la convention militante de cet automne. En mille jours, nous devons être capables de dessiner cette France pour lui redonner une âme et des armes dans la compétition internationale.
Mille jours enfin pour faire émerger un leader et construire une majorité. Une majorité d’abord. Chaque parti peut faire le choix de l’isolement, du repli sur soi. Chacun peut estimer qu’il fera ses choux gras de la déliquescence de ses partenaires. Mais cette stratégie est vouée à l’échec. Nous savons tous qu’il n’y a pas d’autre solution que l’union. Une union construite autour d’un projet politique commun, d’un contrat de majorité, de répartition des responsabilités. Les anathèmes, les exclusives entre partis de gauche ne font que le jeu de la droite. Nos divisions surjouées n’améliorent pas le quotidien de ceux qui souffrent ! L’histoire de la gauche est claire. Elle gagne unie.
Le meilleur moyen pour définir son projet de gouvernement ? Travailler, travailler et travailler encore ! Ainsi la perspective d’une maison commune avec les composantes écologistes et communistes, fondation de la prochaine majorité gouvernementale, deviendra un nouvel espoir de changement.
Le MoDem aura alors à se positionner par rapport à ce rassemblement à gauche. S’il se reconnaît dans notre plate-forme de gouvernement, il sera alors le bienvenu, car nous ne serons pas de trop pour relever la France. En revanche, s’il mégote, tergiverse un coup à droite, un coup à gauche, il ne sera alors pas possible de gouverner ensemble. A lui de franchir le seuil de la maison commune de la gauche.
Le leader ensuite. Mille jours sont bien suffisants pour décider qui sera celle ou celui qui portera la voix de millions de citoyens pleins d’espoirs de construire une nouvelle société. Les primaires permettront d’asseoir la légitimité d’une candidate ou d’un candidat, d’ouvrir largement le débat autour de notre projet. Organisées après les régionales, au-delà du seul PS, elles favoriseront l’émergence d’un candidat qui aura le temps de rassembler la gauche, de ne laisser aucun sentiment de défaite aux partisans des autres candidats non désignés, puis de parler à tous les Français.
Mille jours, c’est court. Mais c’est suffisant pour la victoire en 2012. Afin d’écrire une nouvelle page de l’Histoire de France.
Gwenegan Bui, Mathieu Klein et Marylise Lebranchu, membres du bureau national du PS.
“Passées les bornes il n’y a plus de limite”
15 juillet 2009 par adminNous sommes aux premières loges pour constater que, chaque jour, les militants et les électeurs socialistes nous disent que : “ras-le-bol de votre spectacle de divisions, de votre bal des égos”.
Notre perte de crédibilité tient en grande partie à cette constante cacophonie sur chaque sujet ou presque et nous affirmons que, si personne ne nous demande pour l’heure avec angoisse qui sera le ou la candidate socialiste à la présidentielle de 2012, tout le monde attend avec impatience l’expression d’une opposition de gauche qui parle fort, juste, utile et ensemble
Il était temps que dans le Parti socialiste, une frontière soit dressée entre la diversité d’opinions en notre sein et l’utilisation détournée de cette précieuse liberté au profit de son ambition personnelle.
Le Parti socialiste n’est pas un syndicat de professions libérales qui ne partagerait une marque que le temps d’une élection. En ce sens, nous soutenons sans réserve la mise en garde de Martine Aubry, en direction de Manuel Valls.
Nous percevons aussi qu’il y a urgence à retrouver la crédibilité de nos valeurs, le fait qu’une génération pense que la suivante vivra moins bien qu’elle aujourd’hui, constitue le véritable défi auquel les socialistes sont confrontés : redonner du sens au progrès social et à la solidarité. N’oublions pas le résultat des élections européennes : c’est toute la sociale démocratie qui est en échec et qui doit réinventer son projet.
Voilà ce que nous attendons de notre Parti et de sa Première secrétaire. Nous attendons la même chose de toutes celles et tous ceux qui aspirent à un destin personnel d’envergure. Ils ne le construiront pas sans engagement collectif.
Mathieu KLEIN
Premier secrétaire fédéral de Meurthe-et-Moselle du PS
Vice-Président du Conseil Général de Meurthe-et-Moselle
Thibaut VILLEMIN
Premier secrétaire fédéral de Meuse du PS
Vice-Président du Conseil Régional de Lorraine


