Archives de octobre, 2009

Les socialistes lorrains pour Vandières

28 octobre 2009 par admin

Je suis cet après-midi en mairie de Vandières avec les trois autres fédérations socialistes de la région, pour rencontrer le commissaire enquêteur dans le cadre de DUP pour la gare lorraine d’interconnexion TGV / TER. Les quatre premiers secrétaires fédéraux du PS de Lorraine ont décidé d’unir leurs voix pour défendre ce projet majeur pour l’avenir de notre région.

“Monsieur le Commissaire Enquêteur,

Le projet d’une gare d’interconnexion TER/TGV à Vandières répond, de manière concrète, aux besoins de l’ensemble des lorrains.

Nous, soussignés responsables fédéraux du parti socialiste des quatre départements de Lorraine, faisons le choix d’une gare d’interconnexion à Vandières et d’une gare dédiée au fret grande vitesse à Louvigny.

La gare d’intersection (ou d’interconnexion) de Vandières est tout simplement la « gare du bon sens ». Elle présente des avantages incontestables que la gare de Louvigny n’a pas et n’aura, de notre avis, jamais.

D’un point de vue écologique

En privilégiant le rail-rail, la gare de Vandières s’inscrit pleinement dans le cadre du Grenelle de l’environnement. Contrairement à la gare de Louvigny qui oblige les usagers à utiliser la route : la pollution s’en trouve accrue avec plus d’émissions de CO2, sans perspective d’amélioration ! Le cahier des charges relatif à Vandières intégre toutes les normes HQE et le bâtiment sera conçu pour qu’il s’intègre dans le paysage sans le détériorer !

D’un point de vue accessibilité

La gare de Vandières sera accessible, donc pratique, pour tous les Lorrains : chaque usager pourra s’y rendre par le rail, la route et même le vélo puisqu’une piste cyclable sera créée sur les communes de Vandières et Pagny). En l’état actuel, la gare de Louvigny n’est accessible que par la route ! Les navettes menant aux deux métropoles lorraines sont payantes et ne raccourcissent pas les temps d’accès. Le parking de cette même gare est cher et mal protégé.

D’un point de vue fréquentation

Suivant certaines études, la gare permettrait une augmentation significative de voyageurs pour arriver au moins à 500 000 voyageurs/an dès son ouverture et dépasser le million en 2020 quand Louvigny en affiche 400 000 voyageurs à ce jour, chiffre qui pourra difficilement évoluer. Il suffira pour cela d’adapter les horaires des TER avec ceux des TGV !

D’un point de vue équité

La gare de Vandières placera les Lorrains dans une situation d’égalité d’accès au TGV. Aujourd’hui, les utilisateurs qui n’ont pas le permis de conduire ou de véhicule personnel ne peuvent pas accéder à Louvigny ou très difficilement !

D’un point de vue dynamique des territoires

Grâce à la gare de Vandières, le maillage du territoire lorrain sera cohérent avec les attentes des usagers du rail ! Ce qui n est pas le cas avec Louvigny !

D’un point de vue structurant

La gare de Vandières valorisera la complémentarité des infrastructures lorraines, car elle permettra le développement d’un schéma multimodal, structurera l’espace régional dans une logique d’aménagement du territoire. Ce n’est pas et n’a jamais été le cas de la gare de Louvigny ! La gare de Vandières permettra le rapprochement entre les deux métropoles Metz et Nancy en constituant un levier pour renforcer l’armature urbaine de ces deux villes !

D’un point de vue européen et attractivité

La gare de Vandières permettra de faciliter l’accès de nos gares lorraines, donc de notre territoire, à nos voisins européens et inscrira notre Région dans la dynamique de compétitivité européenne de la grande vitesse. Ce n’est pas le cas avec Louvigny !

D’un point de vue économique

La réalisation de la gare de Vandières nécessite un investissement total de 90 millions d’euros. Le Président de la Région Lorraine a déjà obtenu que l’Etat investisse 38 millions d’euros. Pour l’adaptation de la gare de Louvigny avec un nouveau barreau ferroviaire entre Metz et Nancy, il faudrait compter 10 fois plus !

D’un point de vue fédérateur

Nous tenons à rappeler que tous les Présidents d’exécutifs lorrains, moins un, soutiennent le projet de Vandières et ce depuis près de 10 ans : Messieurs Poncelet, Dinet, Namy, Masseret et Longuet en son temps. Il est regrettable qu’un seul manque à l’appel. Pourtant celui-ci, M. Leroy, président du Conseil Général de Moselle a signé, le 7 novembre 2000, un protocole additionnel en présence de Messieurs Gayssot, alors ministre des transports, Martinaud, Longuet et Dinet !

Pour nous, il est hors de question que la gare de Louvigny soit oubliée de la réflexion !

Sa reconversion en gare Fret semble une solution appropriée et d’avenir, sans qu’un investissement lourd soit nécessaire (il est estimé à 5 millions d euros) ! En termes d’aménagement du territoire, d’activité économique, d’attractivité du territoire ou même d’écologie (de respect du Grenelle de l’environnement), cette reconversion est aussi un projet intelligent !

Nous vous demandons, Monsieur le Commissaire Enquêteur, de bien vouloir donner un avis favorable à la réalisation de la gare de Vandières.

Veuillez croire, Monsieur le Commissaire Enquêteur, à l’expression de nos salutations distinguées.

Monsieur Thibaut VILLEMIN,
1er Secrétaire Fédéral du parti socialiste du département de la Meuse

Monsieur Mathieu KLEIN,
1er Secrétaire Fédéral du parti socialiste du département de Meurthe-et-Moselle

Monsieur Jean-Pierre LIOUVILLE,
1er Secrétaire Fédéral délégué du parti socialiste du département de la Moselle

Monsieur Jean-Marie LALANDRE,
1er Secrétaire Fédéral du parti socialiste du département des Vosges”

Plus de justice sociale à la cantine

28 octobre 2009 par admin

Voici le texte de mon intervention sur la restauration scolaire, lors de la session extraordinaire de l’assemblée départementale qui s’est tenue au collège de Liverdun, le 22 octobre.

« Monsieur le président, chers collègues,

La restauration scolaire est un service dont les enjeux sont importants, tant pour les familles et les usagers que pour les établissements scolaires et le département.

La restauration collective pose tout d’abord une question de santé publique. En effet, le repas servi à la cantine doit répondre à certaines normes, qu’il s’agisse de la qualité sanitaire des aliments ou de l’équilibre alimentaire d’un repas. Ce dernier point me paraît particulièrement important à l’heure où nombre d’études soulignent à la fois la progression de l’obésité – notamment chez les jeunes – et la part croissante de ceux d’entre eux pour qui le repas pris à la cantine est parfois le seul qui soit réellement équilibré dans une journée, pour ne pas dire, dans certains cas plus graves, le seul repas de la journée.

La restauration est également un enjeu social. Manger à la cantine à un coût. Celui-ci est plus ou moins important, rapporté au budget de la famille. S’il est particulièrement difficile de chiffrer précisément le nombre de familles qui ne peuvent accéder à ce service faute de moyens, plusieurs enquêtes montrent néanmoins que le prix de la demi-pension est un frein réel pour un certain nombre de familles.

Prix des denrées alimentaires, origine géographique des produits, bio ou agriculture raisonnée, la restauration a également un enjeu économique et écologique fort.

Déjeuner à la cantine c’est aussi apprendre à vivre ensemble en partageant un repas dans le cadre d’un moment de détente. Cette dimension éducative de la restauration collective se retrouve également dans l’éveil au goût auquel elle doit contribuer.

Pour l’ensemble de ces raisons, il est apparu au conseil général que la restauration devait rester un service public. D’autres collectivités ont fait des choix différents en la confiant à des sociétés privées. Le conseil général a décidé lui, d’assumer pleinement la responsabilité que la loi lui a confiée en contribuant à répondre à chacun des enjeux soulevés par ce service.

Sur les 27 804 collégiens scolarisés en Meurthe et Moselle, 17 000 fréquentent le service de demi-pension de leur établissement, soit 60 % d’entre eux. Dans la moyenne nationale, ce taux connaît des variations fortes d’un établissement à l’autre.

Ces 17 000 demi-pensionnaires déjeunent dans l’un des 71 collèges publics qui offrent un service de restauration. La préparation des 2 millions de repas produits chaque année est, quant à elle, assurée par 350 agents dans 53 collèges.

Vous le savez, la loi du 13 août 2004 a confié aux départements la responsabilité pleine et entière de la restauration scolaire. Il revient ainsi aux conseils généraux d’en fixer les objectifs et les modalités d’exploitation ainsi que d’en assurer le fonctionnement et l’équipement. Depuis 2006, il leur appartient d’en fixer les tarifs.

Ainsi, dans le cadre du plan Education et territoires, adopté par l’Assemblée, le 8 décembre 2008, le conseil général a fixé un certain nombre d’objectifs pour le service de restauration scolaire : améliorer la sécurité alimentaire et la qualité des produits, éduquer à la santé par la nourriture, mutualiser les services de restauration scolaire et enfin réformer la tarification.

Bien évidemment, ces questions n’intéressent pas seulement le conseil général. Ce service s’inscrit dans le cadre d’un partenariat très étroit avec l’Education nationale et toutes les démarches engagées sont au préalable concertées tant avec l’Inspection académique qu’avec les équipes de direction des établissements, les parents d’élèves et les organisations représentatives des différents personnels.

En ce qui concerne la qualité des produits, le conseil général encourage les collèges à introduire dans les repas des produits issus de l’agriculture biologique. Une première expérience a été menée avec le collège de Vézelise en 2007 et 2008. Sur la base des enseignements tirés, un appel à projets a été lancé par le conseil général en janvier 2009. Les 13 établissements ayant répondu ont été accompagnés financièrement par le département. Au regard de l’intérêt suscité par ces expérimentations, il est proposé de poursuivre le soutien à l’introduction de produits bio dans les collèges.

Parallèlement, le département a engagé, avec les établissements, une réflexion autour des circuits d’approvisionnement courts. Si la production locale ne peut satisfaire à elle seule la totalité des besoins des collèges, elle peut néanmoins y répondre en partie. Je rencontre prochainement, avec mon collègue Gauthier Brunner, les acteurs économiques et syndicaux à ce sujet autour de l’enjeu majeur de l’organisation des filières agricoles.

Enfin, le conseil général souhaite engager une démarche collective pour définir une charte de la restauration collective sur laquelle les collèges pourront s’appuyer pour améliorer l’offre alimentaire dans les restaurants scolaires.

Je ne dirai que quelques mots sur la sécurité alimentaire compte tenu que l’Assemblée a déjà eu l’occasion d’en débattre. Celle-ci repose à la fois sur un programme important de formation des personnels et notamment des chefs de cuisine – programme déjà suivi par 53 d’entre eux et sur les contrôles et analyses effectués par le LVAD pour le compte du département.

Pour terminer la présentation des actions entreprises par le conseil général en terme de sécurité et d’équilibre alimentaires, je souhaite attirer l’attention de l’Assemblée sur la démarche « Nutrition et santé » menée en partenariat avec la MGEN et l’Education nationale. Il s’agit de rendre l’élève acteur de ses choix alimentaires, de le sensibiliser à l’équilibre de son alimentation et à l’importance de la pratique régulière d’une ou plusieurs activités sportives. Après l’expérimentation de deux années menée dans 12 collèges, il est proposé de la généraliser progressivement à l’ensemble des établissements.

La tarification est le second axe du volet restauration du Plan Education et territoire donnant lieu à la présentation d’un rapport dans le cadre de cette session.

Pour mesurer les enjeux de cette réforme, il est important de bien connaître la situation au moment où le département a été chargé de cette nouvelle compétence.

Le budget de la restauration dans les collèges de Meurthe et Moselle est de 12,6 M€ comme l’indique le tableau qui s’affiche à l’écran.

Ces dépenses sont aujourd’hui prises en charge à part presque égale par le département et les familles.

Budget de la restauration scolaire 12,6 M€
Participation du conseil général 6,2 M€
Reste à charge pour les familles 6,4 M€

Cette participation du conseil général, dont bénéficie l’ensemble des familles, lui permet donc de payer un prix inférieur au coût réel de production.

En effet, comme indiqué dans le tableau qui apparaît à l’écran, le coût moyen d’un repas est aujourd’hui de 6 €. La participation du conseil général, qui varie de 2,27 € à 4,80 € permet de diminuer significativement le prix facturé aux familles, ce que beaucoup d’entre elles constatent à l’entrée en 6ème de leur enfant, le prix de la demi-pension pour les collégiens de Meurthe et Moselle étant inférieur aux prix pratiqués à l’école élémentaire et ce parfois de manière très significative.

Minimum

Moyen

Maximum

Médian

Coût moyen du repas

6 €

6 €

6 €

6 €

Coût du repas facturé aux familles pour un forfait 4 jours

2.47 €

3.00 €

3.29 €

3.04 €

Participation du conseil général

2.27 €

3.50 €

4.80 €

3.34 €

Vous l’aurez noté, les tarifs facturés aux familles n’en demeurent pas moins très variables d’un établissement à l’autre, chaque collège fixant jusqu’à aujourd’hui les prix de la restauration.

Le tableau qui s’affiche maintenant vous présente ces tarifs.

Un écart de 33 % a été relevé entre le tarif le plus élevé et le tarif le plus bas, soit 118 € d’écart par an pour un forfait de 4 jours.

Tarifs

Minimum

Moyen

Maximum

Médian

Forfait 4 jours annuel

356 €

431 €

474 €

437 €

Forfait 4 jours par repas

2.47 €

3.00 €

3.29 €

3.04 €

Ticket à l’unité

2.27 €

3.50 €

4.80 €

3.34 €

A ce sujet, le département a engagé une étude approfondie du service de restauration dans les collèges avec l’appui du cabinet SGP. Cette étude, rendue en juin 2008, met en avant le volume de repas produits dans un établissement comme facteur déterminant du coût de revient. Ainsi, il apparaît qu’en dessous d’une production de 40 000 repas par an, le résultat d’exploitation ne peut être équilibré. Or aujourd’hui, plus de la moitié des 53 collèges produisant des repas n’atteint pas ce seuil.

Cette étude a permis de conclure que les écarts de tarifs ne se justifient ni par la qualité de ce qu’il y a dans les assiettes des collégiens, ni par les talents de négociateurs des gestionnaires. Fruits de l’histoire et des niveaux de production, ils ne sont pas davantage la traduction d’une politique sociale.

Sur la base de ces constats, le conseil généra a souhaité introduire davantage de justice dans la tarification de la restauration scolaire :

  • d’une part en harmonisant les tarifs : les collégiens et leurs familles paieront dorénavant les mêmes tarifs pour accéder à la demi-pension et ce quel que soit l’établissement qu’ils fréquentent,
  • d’autre part en instaurant une grille tarifaire progressive, c’est-à-dire qui prenne en compte la capacité contributive des familles.

Ce dossier a nécessité une analyse très pointue des revenus des familles et de leurs différents taux d’effort, territoire par territoire, collège par collège. Elle a été menée conjointement par les services du conseil général – mission collèges et CGOE – et l’INSEE. Je tiens à les remercier pour la qualité du travail qu’ils ont accompli.

Il est donc proposé à l’Assemblée de valider l’instauration d’une grille tarifaire départementale qui s’appliquera uniformément dans chacun des collèges. Composée de 3 tarifs, correspondant à 3 tranches de revenus, elle s’appliquera à chacune des familles de Meurthe et Moselle, en fonction de la tranche de revenus à laquelle elle appartient.

Comme indiqué dans le tableau qui s’affiche :

- pour les familles dont le revenu total mensuel est inférieur à 1900 €, le prix du repas sera désormais de 1,70 €. Pour ces familles, la participation du département est de 4,30 € par repas, soit une prise en charge de près de 72 % du prix à payer. Sur la base d’un forfait annuel de 4 jours, forfait le plus utilisé, l’économie pour ces familles est de plus de 600 € par an.

- pour les familles dont le revenu total mensuel est compris entre 1900 € et 2574 €, le prix du repas sera de 2,70 €. Pour les familles de cette tranche de revenus, la participation du département est de 3,30 €, soit une prise en charge de 55 % du prix à payer. Sur la base d’un forfait annuel de 4 jours, ces familles économisent 475 € par an

- enfin, pour les familles dont le revenu total mensuel est supérieur à 2574 €, le prix du repas sera de 3,70 €. Pour ces familles, la participation du département est de 2,30 €, soit une prise en charge de plus de 38 % du prix à payer. Sur la base d’un forfait annuel de 4 jours, ces familles économisent plus de 300 € par an.

Ainsi, toutes les familles continuent à bénéficier d’une aide du conseil général.

Tarifs

Minimum

Revenu total mensuel des familles ≤ 1900 €

30 % des familles

Moyen

Revenu total mensuel des familles

<1900€ – 2574€>

30 % des familles

Maximum

Revenu total mensuel des familles > 2574 €

40 % des familles

Coût moyen de production du repas

6 €

Nouveaux tarifs

1,70 €

2,70 €

3,70€

Participation du conseil général

4,30 €

3,30 €

2,30 €

Je vous propose que cette réforme entre en application à compter du 1er septembre 2010.

Le conseil général a clairement affiché, dès 1998, sa volonté de contribuer au service public d’éducation. Il l’a fait en rétablissant la gratuité des transports scolaires, en mettant en œuvre un important programme d’investissements, en équipant les collèges des meilleurs outils pédagogiques et technologiques dans le cadre du plan Collèges au futur. Il poursuit aujourd’hui avec la mise en œuvre d’une nouvelle politique de tarification de la restauration scolaire, plus juste.

Je vous remercie. »

“Vous ne nous connaissez pas”

20 octobre 2009 par admin

« Vous, les Français, vous ne nous connaissez pas, mais nous nous vous connaissons bien » est, comme me l’a souligné un chef d’entreprise, une opinion assez largement partagée en Azerbaïdjan, tout du moins pour sa partie francophile, assez répandue compte tenu notamment que la France a été le deuxième pays à reconnaître l’indépendance de l’Azerbaïdjan en 1991. Le même pouvait raconter combien de fois ses interlocuteurs à travers le monde identifiaient très bien Bakou, sans jamais pouvoir en faire la capitale du pays.

Cela se déroulait dans l’antichambre du ministère de la « méloration », qui n’est ni une mauvaise traduction ni une faute d’orthographe mais dont j’ai fini par comprendre en rencontrant son représentant hier matin (à la mesure de ce qui est possible quand votre horloge interne vous rappelle qu’il est 5h30 alors que tout le monde autour de vous s’acharne à faire comme s’il était 8h30), qu’il traitait des questions d’environnement, d’aménagement du territoire et d’agriculture. Tour d’horizon rapide avec lui de la situation du pays, pour mesurer que la question de la ressource en eau et des réseaux d’assainissement était au coeur des préoccupations des pouvoirs publics, ce dont j’aurai la confirmation le lendemain.

L’ouverture un peu plus tard dans la matinée de la semaine française à l’université slave de Bakou a donné l’occasion aux universités et écoles françaises présentes (Nancy, Strasbourg, Versailles St Quentin et l’INALCO) de souligner leur désir de renforcer leur coopération avec leur homologue. Nancy 2, représentée par Didier Francfort, a d’ailleurs signé à la fin de l’été dernier une convention de coopération avec l’université slave de Bakou.

Seul élu français présent à cette occasion je devais plancher sur les perspectives des relations culturelles franco-azéries dans l’après midi. Sujet pour le moins académique dont j’avais d’ores et déjà décidé de m’affranchir. J’ai bien fait, puisque le recteur a trouvé que mon intervention ne pouvait plus attendre et m’a demandé au pied levé de conclure les allocutions d’ouverture …

Si je leur ai épargné la réforme en cours des collectivités locales, je n’ai pas pu les exonérer du fonctionnement de la démocratie locale en France et les différents niveaux de collectivités, ce qui dans un Etat post-soviétique très centralisé n’est pas très couleur locale.

Pour Nancy et la Meurthe-et-Moselle, l’établissement de relations culturelles avec l’Azerbaïdjan prend un sens particulier au regard de notre situation de département frontière, dont l’identité culturelle, économique, sociale et universitaire contemporaine s’est aussi construite au fil des tourments de l’histoire (notamment la guerre de 1870) et des vagues migratoires qui en ont découlé et de celles qui leur ont succédé au vingtième siècle. C’est ainsi que l’autre dimension qui doit nous conduire à nous tourner vers l’Azerbaïdjan relève d’une société aux influences multiples (persanes, mongoles et russes), musulmane laïque, tolérante et ouverte.

Chez nous, c’est le château de Lunéville qui incarne parmi d’autres ce patrimoine des Lumières en pleine reconstruction, qui redeviendra un berceau pour elles, tout naturellement tourné vers l’est de l’Europe, l’Asie centrale et le Caucase.

Le hasard faisant parfois bien les choses, l’attaché culturel de l’ambassade de France a écouté mon propos avec ses oreilles de natif nancéien grandes ouvertes et m’a promis un soutien actif si des projets avec Nancy et la Meurthe-et-Moselle voyaient le jour.

J’ai pris la route ensuite dans l’après-midi pour le nord du pays, plus précisément la ville et la région de Zagatala, à 400 km de Bakou, entre les frontières du Daghestan et de la Géorgie. La traversée du Grand Caucase est à la fois impressionnante et relativisante du point de vue l’état des routes françaises …

Zagatala, « petite Paris azerbaïdjanaise » comme la nomme ses habitants, est une ville – région de 120 000 habitants, très fière de sa tradition multiculturelle et avide d’ouverture vers l’Europe.

J’ai été reçu par son maire M. Mubariz, « élu par le gouvernement » comme l’interprète qui m’accompagnait me l’a traduit, je ne sais si c’est par politesse ou par confusion … c’est à dire relevant d’un synthèse toute soviétique entre le maire et le sous-préfet. Si cette tradition de régime autoritaire avait échappé à qui se promène en Azerbaïdjan, les portraits et statues des Aliyev père (Heydar, ex-président) et fils (Ilham, actuel président) à tous les coins de rue vous le rappellent assurément.

Toujours est il que le maire de Zagatala est comme dans le reste du pays est confronté à la question de l’assainissement et cherche à développer le tourisme dans cette région montagneuse et tempérée. Il a notamment insisité sur la production locale d’eau de rose (qui alimenterait de nombreux grands parfumeurs français, échantillon à disposition des lecteurs de ce billet) et celle de la noisette. Aussitôt dit, j’ai visité une usine de conditionnement de noisettes achetées aux agriculteurs locaux qui viennent vendre sur place leur production (l’Azerbaïdjan fournit 2% de la production mondiale) pour l’exportation, essentiellement russe et allemande.

La coopération avec la France, malgré cette barrière d’impossible coopération territoriale et non gouvernementale, semble les intéresser et nous avons évoqué plusieurs pistes (le festival Passages, la coopération éducative). Avis aux aéroports européens : celui de Zagatala vient de rouvrir et le maire m’a précisé qu’il restait à pourvoir la destination européenne. Si Metz-Nancy-Lorraine veut déposer sa candidature, il est le bienvenu.

Retour à Bakou (sans malheureusement profiter de cette relation aérienne restaurée) pour donner une interview téléphonique depuis l’hôtel à France Bleu Sud Lorraine, en réaction aux annonces de Nicolas Sarkozy à St Dizier sur la réforme des collectivités. C’était pourtant si agréable de l’oublier pendant quelques jours …

“Socialistes du cœur de ville”

17 octobre 2009 par admin

Entretien avec Pascal Salciarini, paru le samedi 17 octobre 2009 dans © L’Est Républicain (droits de reproduction et de diffusion réservés)

Les conseillers généraux socialistes de Nancy ne sont renouvelables qu’en 2011 mais ils occupent le terrain, autant que faire se peut dans l’espace communautaire…

Pour exister en politique il ne suffit pas de travailler. Encore faut-il être visible.« Nous sommes partis ensemble, nous portons les mêmes dossiers sur chacun de nos cantons et nous repartirons ensemble », expliquent Nicole Creusot, Dominique Olivier et Mathieu Klein.
Hier autour d’une petite table ronde de bistrot à la brasserie du Placieu, tout cela pouvait ressembler à un complot de quartier. Mais ce n’était que le bilan promis aux électeurs : « Le fait urbain rend difficile la perception de l’échelon départemental. Mais les dossiers et les compétences du CG sont là. Education, vieillesse, handicap, protection maternelle et infantile, enseignement supérieur et collèges : le CG est sur tous ces fronts ».
Les collèges par exemple ? Jusqu’ici un particularisme nancéien plaçait leur gestion dans les mains du Syndicat intercommunautaire scolaire que préside Sophie Mayeux, adjointe au maire UMP d’André Rossinot. Au 1er janvier, le département reprend la gestion directe de ce dossier qui pèse lourd : 3.000 élèves, 8 collèges. Le transfert se fait sans heurt : « On peut travailler avec Sophie Mayeux de façon constructive… » précise Mathieu Klein, qui vend bien son plan 54 « Collège au futur ». Le parc informatique, les manuels numériques et les tableaux blancs interactifs, le raccordement au réseau numérique du Grand Nancy : tout y passe, pour la bagatelle de 81 M €, dont 786.000 €. de travaux rien que pour les collèges de Nancy et couronne.
Pour les personnes âgées et la dépendance c’est Dominique Olivier qui est à la manœuvre, avec le centre d’accueil et d’information des personnes âgées. « Avec un guichet unique boulevard Joffre, nous sommes plus efficients. Rien qu’à Nancy 850 personnes bénéficient de l’APA, qui en 2009 représente sur le département 6,2 % du budget. Une compétence partagée avec les communes ».
A Blandan, presque à portée de main du futur site d’Artem, Nicole Creusot n’y va pas par quatre chemins : « Ce projet a émergé en 1998 de la volonté du directeur des Beaux-Arts et de Michel Dinet. André Rossinot qui a tendance à penser qu’Artem c’est lui, y a vu d’abord une opportunité de requalification urbaine, plus qu’un projet universitaire. D’ailleurs le département dont ce n’est pas la vocation a mis autant que la CUGN, soit 12,5 m € ».

Hier et aujourd’hui

Selon Mathieu Klein, cet engagement ne serait financièrement plus possible aujourd’hui : « L’Etat doit 74 € au département pour 2009, 270 M € depuis 2003. Rien que pour l’enseignement supérieur, le Conseil général a engagé 17,5 M € entre 2000 et 2007 ».
Et le trio de conseillers généraux de pointer du doigt, ce qui a ses yeux est une injustice structurelle majeure : « Que celui qui lève l’impôt ne soit pas élu au suffrage universel pose problème. Les Nancéiens ont élu des conseillers municipaux, pas des conseillers comunautaires ». Incontestable certes, mais pas prêt de changer.